Absurdité du monde

L’actualité est terrible. Chaque jour un peu plus.

La planète va très mal, et sera dans quelques décennies invivable pour une grande partie de sa population.

La menace terroriste est toujours là, et nous devons nous y résigner.

Les équilibres économiques sont en péril dans de nombreux pays, y compris en Europe. Nous sommes face aux dangers d’une crise bien plus grave que celle de 2008, et l’on voit bien que compte tenu de la situation, améliorer le sort des gens sans porter atteinte à l’économie productive devient une équation quasiment insoluble.

Les populistes s’installent au pouvoir un peu partout, dans le sillage de Trump et du Brexit : Italie, Pologne, Hongrie, Brésil… à chaque fois au détriment de la solidarité, des libertés, de la planète. 

Les fake news se multiplient et l’imprégnation des thèses complotistes devient  franchement inquiétante car il s’agit là de preuves incontestables du manque de discernement des populations, et donc du risque de les voir adhérer aux pires des offres politiques.

Bref, l’actualité est terriblement anxiogène, et il me semble que la classe politique ne donne plus le sentiment de disposer de solutions emportant l’adhésion des populations. 

Une grande partie du peuple paraît aujourd’hui désenchantée, et dérive progressivement vers un invraisemblable niveau de crédulité : n’oublions pas que dans ces pays qui ont cédé ces dernières années aux sirènes populistes, c’est le peuple qui l’a décidé, en votant. Naïveté de citoyens sincères, pour une partie d’entre eux au moins.

Absurdité du monde, qui m’oppresse chaque jour un peu plus. 

Ce n’est pas mon sort qui m’inquiète, les désastres pressentis n’auront pas le temps de changer ma vie personnelle, et je pourrais me contenter, en bon épicurien, de vivre le moins mal possible le reste de ma vie. Mais tenter de distinguer un avenir acceptable pour les jeunes générations, et les futures, devient, pour moi, mission impossible. 

Mon pessimisme va croissant, au même rythme que décroît ma confiance dans mes contemporains.

Parce que si l’actualité telle que nous la délivrent certains médias, disons responsables, si cette actualité est désolante, son traitement dans les réseaux sociaux, les déchaînements de haine, de violence, de mensonge, de bêtise amènent à  désespérer de la nature humaine, de sa capacité à se ressaisir. 

Le « vivre ensemble » devient un vœu pieux.

Le constat est pour le moins pessimiste, je vous l’accorde.

Il ne s’agit pas pour autant de déclinisme chronique, et j’observe moi aussi les signaux positifs que nous envoie le monde. Par exemple, dans un article publié début janvier, l’économiste Nicolas Bouzou rappelait qu’en 2018, chaque jour, 127.000 personnes sur la planète sont sorties de l’extrême pauvreté, que les populations de certaines espèces animales étaient à nouveau en croissance, que la recherche médicale progressait de manière toujours plus rapide, qu’excepté en France, dans les économies développées, le taux de chômage est au plus bas depuis 1980. Il disait aussi qu’en 2019, « le progrès est une possibilité, et la confiance une obligation ». Qu’il ne s’agit pas d’être « niaisement optimiste, mais intelligemment confiant »…

Comme beaucoup, je m’accroche aux quelques arguments porteurs d’espoir. Et espère que contrairement à ce qui semble se dessiner, une minorité d’êtres humains ne parviendra pas à briser les élans positifs impulsés par celles et ceux qui ont choisi des chemins ou des combats de nature constructive.

La semaine dernière, dans l’émission la Grande Librairie, Andreï Makine expliquait que le monde est en « phase terminale ». 

Puisse-t-il avoir tord …

MT

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