Liberté chérie…
La Liberté guidant le peuple

Liberté chérie…

Peut-on raisonnablement faire de la liberté LA valeur cardinale, devant toutes les autres, en période de crise sanitaire ? La réponse est oui, puisque la liberté ne peut pas, ne doit pas être abdiquée, quelles que soient les circonstances.

Dans ce cas, obéir à des consignes brutales, un couvre-feu (au hasard) que d’aucuns décrivent comme un acte de guerre, est-ce renoncer à sa liberté ? La réponse est non, à deux conditions : avoir compris le processus de décision, et disposer d’une conscience minimale de l’intérêt collectif.

La crise sanitaire est une réalité planétaire, n’en déplaise à celles et ceux qui fuient l’information et prétendent, du coup, détenir la vérité. Des restrictions sévères sont appliquées à peu près partout, à l’exception, pour le moment des deux pays dirigés par des populistes et qui, est-ce un hasard (?), comptent les morts « Covid » par centaines de milliers. La France est le dernier des grands pays européens à instaurer un couvre-feu partiel et il n’est pas impossible que les scandalisés d’aujourd’hui soient les premiers à accuser ses dirigeants de légèreté dans quelques mois ou semaines.

La mesure est cruelle, évidemment, mais pour qui ? Pour les commerçants qui vont subir des dommages économiques, et leurs salariés. Pour les acteurs de l’évènementiel, pour tout le secteur de la Culture pour qui les fermetures à 21 heures sont aussi synonymes de chômage… Pour certains, c’est dramatique, et il faut espérer qu’ils seront correctement accompagnés le temps qu’il faudra.

Pour les autres, de quoi s’agit-il ? De cruauté, ou plutôt de simple gêne ? Que les étudiants ne puissent plus faire la fête pendant quelques semaines paraît légèrement moins grave que les déprogrammations d’interventions chirurgicales déjà décidées dans les hôpitaux. Que monsieur et madame Toulemonde, obligés d’être rentrés chez eux à 21 heures où de dormir sur place, et ce durant 6 semaines, hurlent à l’atteinte fondamentale à leur liberté est grotesque.

La liberté ne consiste pas à faire prendre aux autres des risques sur leur propre santé.

Leur liberté pourrait, éventuellement, leur permettre de prendre des risques pour eux-mêmes. Mais tout le monde sait bien qu’en période d’épidémie, c’est impossible.

Les attitudes de rébellion affichées aujourd’hui, en groupe, sans masque, les uns sur ou contre les autres, font penser à celles et ceux qui, au plus fort de l’épidémie de sida, multipliaient les rapports sexuels non protégés.

Je suis libre de vivre à ma guise, y compris dangereusement, si je n’expose personne aux risques que je prends. Et je dispose de cette forme suprême de liberté qui consiste à décider de protéger les autres de moi-même, et à exiger la réciproque.

Les contraintes actuelles sont bien sûr des restrictions de liberté de mouvement. Les accepter, ce n’est pas renoncer aux libertés fondamentales. C’est renoncer à un égoïsme mesquin qui fait perdre de vue l’intérêt collectif. Le contexte de crise sanitaire est probablement le seul qui justifie l’acceptation de telles mesures, dès l’instant que celles-ci sont clairement expliquées, et qu’elles conservent un caractère temporaire.

J’ai assez dit et écrit à propos de la liberté, valeur fondamentale à mes yeux, sans laquelle les autres n’existeraient pas, pour ne pas être suspecté de complaisance à l’égard du pouvoir (pour ceux que ça intéresse, ça, par exemple https://MonOeil.blog/liberal-une-insulte/ ). Les lois ou comportements liberticides de la part des dirigeants, passés et actuels, sont légion. La nécessaire protection de la population, de sa santé et de son économie, malgré elle pour partie, n’est rien en terme de privation de libertés, au regard de l’Etat espion qui multiplie les données dans un but de surveillance, qui rend pérennes des mesures d’exceptions destinées à lutter temporairement contre le terrorisme ou les violences dans les manifestations…

Je suis bien incapable d’affirmer quoi que ce soit quant à la validité des décisions prises. Bonnes ou mauvaises, c’est à dire efficaces ou pas, nous verrons bien. Il faut l’espérer, sinon le retour au confinement nous guette. Ce qui signifierait que beaucoup ont perdu la vie, que les hôpitaux sont saturés, et que l’économie continue de s’effondrer.

Ah, j’oubliais, ça hurlerait au loup dans les chaumières. Mais ça, c’est un détail.

Marc T. 

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