Photo de George Sand

Canicule de l’été 1871

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Cet été-là, George Sand avait terriblement souffert de la chaleur. Ce texte extrait du Journal d’un voyageur pendant la guerre est tout à fait édifiant car à l’exception peut-être de la référence aux “loups effarés”, il aurait pu être écrit cet été. Chaleur écrasante suivie d’orages furieux, de grêle meurtrière… C’est d’une étrange actualité.
Ces quelques lignes ne sont évidemment pas à montrer à Trump et autres crétins climatosceptiques qui confondent météo et climat et nous expliqueraient toute honte bue que ce n’est qu’une preuve de plus que les dérèglements climatiques sont indépendants de l’activité industrielle et de nos modes de vie, que la planète fera à nouveau tous les correctifs nécessaires, bref, drill, baby drill.

Texte très court à lire pour sa coïncidence avec ce que nous vivons aujourd’hui, et parce que c’est du George Sand !

MT

« Une grande fatigue, le travail en retard, un effort désespéré pour reprendre ma tâche au milieu d’un été que je n’ai jamais vu, que je ne croyais pas possible dans nos climats tempérés : des journées où le thermomètre à l’ombre montait à 45 degrés, plus un brin d’herbe, plus une fleur au 1er juillet, les arbres jaunis perdant leurs feuilles, la terre fendue s’ouvrant comme pour nous ensevelir, l’effroi de manquer d’eau d’un jour à l’autre, l’effroi des maladies et de la misère pour tout ce pauvre monde découragé de demander à la terre ce qu’elle refusait obstinément à son travail, la consternation de sa fauchaison à peu près nulle, la consternation de sa moisson misérable, terrible sous cette chaleur d’Afrique qui prenait un aspect de fin du monde.

Et puis des fléaux que la science croyait avoir conjurés et devant lesquels elle se déclare impuissante, des varioles foudroyantes, horribles, l’incendie des bois environnants élève ses fanaux sinistres autour de l’horizon, des loups effarés venant se réfugier le soir dans nos maisons !
Et puis des orages furieux brisant tout, et la grêle meurtrière achevant l’œuvre de la sécheresse ! »

George Sand

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