Illustration d'un second tour effrayant en 2027

Appel sans illusion à la sagesse

En 2027, nous aurons une ardente obligation : empêcher le RN de prendre l’Élysée.
Pour y parvenir, nous devrons impérativement commencer par battre Mélenchon au premier tour.
Tous les sondages le montrent, un second tour l’opposant à Bardella (ou Le Pen) offrirait un véritable boulevard au Rassemblement National. Mélenchon est en effet incapable de remporter l’élection mais il est indirectement le meilleur allié du RN.

C’est désormais acquis : le candidat (ou la candidate) RN sera sans difficulté au second tour.
Ce qui est également certain, c’est que si les candidats dits “républicains” sont nombreux, l’éparpillement des voix permettra à Mélenchon de se qualifier pour le second tour, et l’extrême droite accèdera à l’Élysée avec une humiliante facilité.

Or, aujourd’hui, quelle est la tendance ? 
Ruffin n’exclut rien, Glucksmann non plus. Hollande se prépare, Jérôme Guedj s’est déclaré, Attal vient de lancer attalpresident.fr même si l’on peut lire ici ou là qu’à la fin il passerait un accord avec Édouard Philippe qui paraît déterminé à aller au bout. Retailleau est déjà candidat alors qu’il ne fera rien de plus que priver le RN d’une poignée de voix au premier tour, ce qui est parfaitement inutile.
Et ce n’est sans doute qu’un début…

Pour éviter toute dérive populiste, accordons leur à tous qu’ils ne sont pas seulement guidés par des égos forcément un peu boursouflés mais par la conviction (puissante, ou pas) d’être en mesure de proposer des solutions aux (nombreux) problèmes actuels ou récurrents de la France.

Mais sont-ils tous intimement convaincus qu’une victoire finale de l’extrême droite est un péril majeur que tous les démocrates se doivent de combattre avec la plus grande énergie et malgré leurs intérêts partisans ?
Parions qu’ils sont individuellement capables de l’affirmer tout en prétendant être le meilleur rempart face à au danger extrémiste. 

Enfin, sont-ils tous disposés à renoncer à une candidature personnelle, ou même à seulement accepter de se mettre en retrait pour permettre d’écarter ce péril ? Il est permis d’en douter.
Ne soyons pas naïfs. Il y a, par exemple, très peu de chances de voir un jour Philippe et Ruffin gouverner ensemble, Glucksmann et Retailleau non plus.

Mais rêvons un peu : pourquoi tout ce petit monde ne se réunirait-il pas autour d’un autre nom, avec ou sans accord de gouvernement, simplement pour s’assurer de battre Mélenchon au premier tour et conserver ainsi des chances d’éliminer le RN au second ? Pas une candidature de plus mais justement des candidatures en moins afin de reléguer de manière quasi certaine Mélenchon à sa vraie place, la troisième. 

Fédérer des convictions qui varient forcément sur quelques points importants (ce qui différencie historiquement la droite de la gauche) mais qui ne transigent pas à propos de la démocratie, des libertés (toutes les libertés), de l’Europe, de la protection face aux dangers extérieurs pour lesquels le RN a des indulgences voire des connivences coupables… entre personnes qui prétendent être guidées avant tout par un sens aigu des responsabilités, cela ne devrait pas être totalement irréaliste. En théorie, bien sûr !

Pourquoi serait-il inenvisageable de dégager un ou deux profils capables d’incarner avec force un tel projet, et parmi ces annonces pour le moment exclusivement masculines, pourquoi ne pas choisir une femme ?
Ancienne ministre de l’Économie, ancienne directrice du FMI, patronne actuelle de la BCE, Christine Lagarde pourrait, par exemple, avantageusement porter une candidature républicaine de nature à éliminer Mélenchon au premier tour et ressusciter le cordon sanitaire contre l’extrême droite au second.
Elle bénéficie d’une expérience exceptionnelle, du respect de la plupart des dirigeants européens et d’une image plutôt positive dans l’opinion. 
Une réflexion approfondie pourrait, peut-être, conduire vers d’autres personnalités tout aussi éminentes susceptibles d’atteindre cet objectif mais l’échéance approche à une vitesse folle, et le danger grandit…

En opposition à la fois aux logiques partisanes et aux ambitions personnelles, cet appel sans illusion à la sagesse et à la responsabilité a bien sûr un caractère utopique qui n’échappera à personne.
Je rêve pourtant que cette proposition soit reprise et bien sûr développée par des personnalités politiques de premier plan, par des journalistes, des éditorialistes, bref, par des gens qui bénéficient d’une véritable influence et qui sont intimement persuadés de cette évidence : pour espérer battre Bardella ou Le Pen en 2027, il faut commencer par éliminer Mélenchon dès le premier tour et tous les moyens pour y parvenir doivent être étudiés.

MT

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