Des carnets, sorte de journaux  – un par an –  très personnels mais pas tout à fait intimes puisque j’en laisse l’accès libre.     
Le besoin de solitude me gagne chaque jour davantage. Une prise de distance physique d’avec la société dont je ne sais si elle est voulue ou subie mais qui entretient sans doute la mélancolie, cet affect qui m’est le plus coutumier, ce bonheur d’être triste, disait Victor Hugo. Écrire donc, même modestement, lorsque l’on ne peut « ni parler ni se taire »…

11 avril

Beaucoup de motifs d’indignation encore aujourd’hui. Par exemple, le préavis de grève de la CGT dans la fonction publique, du 15 avril au 15 septembre, période des JO incluse. Qu’une telle démarche, compte tenu de sa durée, soit possible donc légale, c’est assez curieux…

Poutine multiplie les doubles frappes en Ukraine, visant les centres de secours et les blessés. Cynisme sans borne. 

10 avril

J’ai déjà dit que je n’aimais pas Éric-Emmanuel Schmitt ? Non ? Et bien, je le dis ce soir après La Grande Librairie.

6 avril

L’ASM a battu les Cheetahs 27/22 cet après-midi après avoir mené 22/3. C’est normal en Challenge Européen de rencontrer des sud-africains… Ils se sont encore fait de grosses frayeurs en fin de match, mais ils avancent dans cette compétition. Tant mieux. Le 1/4 de finale dans une semaine au Michelin.

5 avril

Confirmation que sur Facebook, seules les blagues à la recherche d’un bon vieux rire gras fonctionnement. Surpris en revanche par les résultats du compte Threads de MonOeil. Avec uniquement des œuvres d’art (peinture et photo), et en partant de zéro, il a gagné 450 followers en 1 mois 1/2. Plus que X (twitter) en 6 ans !  

2 avril

Un des principaux challenges de l’époque : s’éloigner du bruitage de l’info en boucle, débrancher par intermittence sans avoir peur d’être déconnecté de la réalité du monde, sans craindre, le moment venu, de ne pouvoir exercer son droit de vote en conscience. Respirer.

1er avril

Journée propice aux blagues plus ou moins vaseuses dans certains médias ou sur les réseaux sociaux. Vu passer un avis de décès de Mick Jagger d’un goût douteux. 

La déroute d’Erdogan aux municipales en Turquie, notamment à Ankara et Istanbul, est la seule bonne nouvelle du jour. Les temps restent globalement dévastateurs pour la foi en l’humanité.

29 mars

Vu passer des statistiques au sujet du rapport des jeunes à la laïcité, et c’est stupéfiant. Un jeune sur deux de 16 à 25 ans considère que l’interdiction de signes religieux à l’école est une mesure discriminatoire, une atteinte à la liberté. Comment leur faire comprendre qu’il s’agit au contraire d’assurer la liberté de croire ou pas, mais qu’une pratique ostentatoire d’une religion n’a pas sa place à l’école ? L’entrisme islamique est une réalité. Est-il encore possible de le faire reculer ? 

26 mars

La grande affaire du jour c’est l’annonce d’un déficit public qui culmine en 2023 à 5,5% du PIB. En forte hausse alors qu’à l’échelle de l’Europe il est en baisse à 3,2%. Il va falloir comprendre les raisons d’un tel dérapage, faire face à une probable dégradation de la note de la France avec une dette déjà abyssale dont la seule charge est supérieure au budget de l’Éducation Nationale, et si l’on veut maintenir les protections sociales, s’attaquer aux dépenses de fonctionnement de l’État. Très compliqué à réaliser sans augmentation des impôts, donc sans nuire à l’attractivité de la France, pays de l’Union Européenne qui attire le plus d’investisseurs étrangers. Il faut pourtant stabiliser la dette dès que possible avant d’être contraints de prendre des mesures « à la grecque »…  

23 mars

Attentat à Moscou dans une salle de concert, plus de 110 morts, des blessés, revendiqué par l’état islamique. Évènement qui rappelle douloureusement celui du Bataclan en 2015. Et Poutine qui ne peut s’empêcher de dire que les terroristes ont été arrêtés alors qu’ils se dirigeaient vers l’Ukraine…

L’ASM renoue enfin avec la victoire face à Pau, en développant du beau jeu durant 60 minutes seulement, mais c’est déjà ça. 

20 mars

D’après le ministère de l’Intérieur, le nombre de crimes et délits racistes, xénophobes et antireligeux a augmenté de 32% en 2023. Progression parallèle à celle du populisme et de l’appétence pour les partis d’extrême droite ou gauche. Désespérant.

17 mars

Gros match de l’équipe de France hier soir pour terminer ce 6 Nations en beauté. Mais tout de même, l’an dernier elle a écrasé le XV de la Rose 10/53 à Twickenham, et hier, à Lyon, c’est une victoire 33/31 un peu miraculeuse. Les anglais ont-ils à ce point progressé, ou le niveau des français a-t-il baissé, ou les deux mon capitaine ? 

14 mars

Vu un sujet sur les discriminations pratiquées par le gouvernement nationaliste hindou pour l’obtention de la nationalité. Décidément, pas un jour ne passe sans que, quelque part dans le monde l’on ne parle de conflits dramatiques en lien avec des pratiques religieuses. 

13 mars

« Ne la laissez pas rentrer, c’est une sioniste ». Une étudiante a été empêchée d’accéder à l’amphithéâtre a dénoncé l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) sur le réseau social X. À Sciences-po, les versions divergent. Gabriel Attal a annoncé la saisine du procureur de la République après la mobilisation propalestinienne. Ou quand Sciences-po confirme consciencieusement l’entrisme islamo-gauchiste.

12 mars

La dessinatrice Coco, otage survivante de l’attentat contre Charlie Hebdo en 2015, est la cible de menaces après la parution, dans Libération, d’un dessin satirique ayant pour titre « Ramadan à Gaza ».
Résultat : une montagne de messages hostiles sur les réseaux sociaux, auxquels elle répond: « Petit florilège (tout petit, hein) de conneries, menaces et messages antisémites reçus à la suite de ce dessin publié hier dans Libé. Un dessin (que j’assume parfaitement !) qui souligne le désespoir des Palestiniens, dénonce la famine à Gaza et moque aussi l’absurdité de la religion »
De son côté, la députée insoumise Sophia Chikirou déclare : « Vous n’aurez pas notre haine mais vous la méritez »… Venant de cette éminente représentante de la mélanchonie, plus rien ne nous étonne, nous sidère, nous révolte.

9 mars

Défilés hier pour les droits des femmes. À Paris, les militantes qui demandaient la libération des otages israéliens de Gaza et dénonçaient les violences faites aux femmes le 7 octobre ont du être exfiltrées par la police car menacées par d’autres militantes brandissant des drapeaux palestiniens. Insultes antisémites, jets de pierres. Ça continue, les violences sont désormais hiérarchisées selon l’identité des agresseurs.

Match nul à la maison de l’ASM face à Oyonnax, bon dernier du Top14. La panne amorcée mi-février perdure. Résignation face à une quasi-certaine non qualification pour les phases finales, interrogations et tristesse. 

6 mars

L’expulsion de l’imam de Bagnols-sur-Cèze qui a qualifié de « sataniques » les drapeaux nationaux dont celui de la France, n’a pas provoqué de commentaires de la gauche modérée. Seule Marie Tondelier, la tête de liste des écologistes aux élections européennes s’est exprimée pour… la condamner ! Cela devrait suffire à l’éliminer.

5 mars

À Gaza, le cauchemar continue. Que les secours et l’aide humanitaire ne puissent pas s’organiser est criminel. Une guerre légitime en réponse au pogrom déclenché le 7 octobre par le Hamas se transforme en une horrible punition collective, conduite par l’extrême droite israélienne qui ne réalise pas à quel point elle contribue par son cynisme à l’explosion de l’antisémitisme partout dans le monde. 

4 mars

Les parlementaires réunis en Congrès, ont approuvé l’introduction de l’IVG dans la Constitution, par 780 voix pour et 72 contre. Sans surprise, les votes contre émanent majoritairement des élus LR, Bruno Retailleau en tête, lui qui a dit un jour garder l’espoir de bâtir une droite chrétienne (sic), suivis de 12 députés RN. La France devient le premier pays du monde à faire figurer l’IVG dans sa Constitution et, peut-être, aura valeur d’exemple pour des pays qui continuent de l’interdire.

3 mars

Déroute de l’ASM à La Rochelle. La 6ème place au classement paraît maintenant inaccessible et c’est une énorme déception…

1er mars

Obsèques de Navalny à Moscou. Des milliers de sympathisants présents malgré l’interdiction et 45 arrestations. Autorités apparemment débordées. Tant mieux. 

Poutine répond à Macron en brandissant à nouveau la menace nucléaire. Sa capacité de destruction est immense et c’est le seul argument lui permettant de tenir le monde entier en respect.

27 février

Je lis ce matin que des joueurs de l’ASM auraient reçu quantité de messages d’insulte, carrément haineux après le match perdu de dimanche soir. Le public qui n’est plus ni un peu connaisseur, ni amoureux de ce sport, ni même supporter, devient de plus en plus con. On l’a vu dernièrement à Marseille ou Lille avec le XV de France, et c’est à désespérer. Pourquoi n’y a-t-il pas d’annonces très claires dans les stades, sur les écrans et au micro ? Pourquoi les commentateurs de télé ne font aucune remarque sur ces débordements, les sifflets des buteurs adverses par exemple ? Il y a plus de 20 ans que je ne regarde plus un match de foot à cause de la connerie ambiante dans les tribunes et sur la pelouse, avec entre autres calamités le non respect de l’arbitre par les joueurs. Le rugby prend lamentablement la même pente. Je ne vais déjà plus au stade et ce que j’entends devant ma télé me dégoûte. Je sais bien que se ressaisir c’est probablement perdre des entrées au stade et quelques points d’audience télé, donc de l’argent. S’il faut réduire un peu le train de vie du rugby, où est le problème ? C’est ça ou arrêter de se gargariser avec des histoires de valeurs qui seraient propres à ce magnifique sport…

24 février

Le corps de Navalny remis à sa mère. Pas un mot dans les chaines d’infos sur une autopsie qui permettrait sans doute de révéler les causes de sa mort. Étonnant. 

Commémoration des 2 ans de l’agression russe en Ukraine. Teintée de fatalisme, me semble-t-il. Ce n’est peut-être que mon ressenti…

Rude journée pour Macron au salon de l’agriculture. C’était attendu.

23 février

Le temps passe à une vitesse qui me paraît de plus en plus vertigineuse. Impression détestable de ne pas faire grand chose de mes journées, de ne pas profiter pleinement du temps qui me reste en bonne santé.

Reçu Les Yeux de Mona, le best seller de Thomas Schlesser. Les 100 premières pages sont passionnantes. À suivre…

Je me suis mis en tête de tenter l’écriture d’un essai politique qui chercherait des raisons de ne pas croire que le monde court à sa perte. Rédigé très vite une dizaine de pages. Ça aussi, c’est à suivre, sans trop d’espoir d’aboutir. Le sentiment d’imposture, encore…

16 février

Mon fils a 34 ans aujourd’hui, et dans une semaine ma fille en aura 37. Je crois que pour la première fois, je réalise vraiment à quel point le temps a passé. Émotion, et mélancolie, encore…

Lu aujourd’hui un bouquin d’Olivier de Kersauzon, Veritas Tantam. Quelle déception ! J’imaginais ce gars grognon, entier, mais solitaire à l’écart du monde, un peu philosophe, un brin poète, et ça m’intéressait. Raté ! Tout n’est pas à jeter mais ce livre est une succession de poncifs, d’approximations et d’âneries, de contre-vérités assénées avec la gouaille qu’on lui connait. C’est souvent à la limite du populisme. J’en tombe des nues…

Navalny est mort, au fin fond de la Siberie dans un camp façon URSS du siècle dernier. Il avait 47 ans. On sait depuis longtemps que s’opposer à Poutine, c’est mettre sa vie en danger. Navalny a eu ce courage de l’affronter sans jamais renier ses convictions. Respect, et infinie tristesse.  

13 février

La famille de Robert Badinter fait savoir que pour l’hommage national qui sera rendu demain, la présence d’élus RN et LFI n’est pas souhaitée. Macron approuve, sans pouvoir l’empêcher. Le Pen accepte de ne pas s’y rendre tout en faisant savoir qu’elle n’en pense pas moins. LFI décide de s’imposer, donc de ne pas respecter le choix de la famille. Le contraste avec le RN fera, une fois de plus, marquer des points dans l’opinion en faveur de Le Pen. Les amis de Mélenchon confirment leur dangerosité pour la démocratie.   

10 février

Courte victoire du XV  de France en Écosse, qui tient un peu du miracle mais bonne à prendre. Le public de Murreyfield lui, ne change pas, toujours merveilleux, respectueux des adversaires et acceptant sans hurler à la mort la dernière décision de l’arbitre… Une leçon supplémentaire pour les français.

9 février

Disparition aujourd’hui de Robert Badinter (95 ans) et de Seiji Ozawa (88 ans). Chacun dans leur domaine, des sommités. Emmanuel Macron annonce qu’un hommage national sera rendu à Badinter. Normal.

Vu ce soir sur la 5 le film La vie avant tout. Documentaire éclairant sur les motivations profondes de cet homme exceptionnel qu’a été Robert Badinter.

8 février

Sortie « en ville ». Restaurant, vu un ami, et du monde, beaucoup de monde… Depuis des années, au milieu de gens qui s’amusent, je me sens très vite absent, amorphe, incapable de participer. Tout bruit m’est devenu insupportable. Il n’y a plus que dans le silence que je me sente relativement apaisé.

7 février

Les signes de sénilité de Joe Biden se multiplient. Il parle de Mitterrand en voulant citer Macron, le président allemand… euh, français. Il confond les présidents mexicain et égyptien… Les américains en sont réduits à devoir choisir entre lui et Trump. Effrayant.

4 février

Reportage consacré au Salvador, pays miné, comme ses voisins, par le trafic de drogue et une délinquance tentaculaire. Le président sortant, par des mesures policières très agressives, a fait baisser de 70% les trafics et les nuisances infligées aux habitants des quartiers pauvres. Nombreux témoignages faisant part d’un grand soulagement pour la tranquillité retrouvée, et d’autres rapportant des cas de maltraitance policière et judiciaire, et des atteintes aux libertés. Éternel problème de l’échange de liberté contre de la sécurité, même s’il faut relativiser pour ces états d’Amérique du Sud gangrénés par une grande violence mafieuse. Les 80% d’intentions de vote pour le président sortant témoignent d’une très forte adhésion  populaire qui validera probablement la radicalité du gouvernement.

3 février

Rugby encore, aujourd’hui avec l’ASM qui recevait le LOU. Première mi-temps flamboyante et puis inquiétude, pas la peur perdre, mais celle d’abandonner le point de bonus offensif finalement conservé. Toujours cette difficulté à finir les matchs…

2 février

Le XV de France surclassé par l’Irlande à Marseille. Public du vélodrome qui siffle le butteur adverse, qui siffle pour couvrir les chants des supporters irlandais, toujours aussi débile. Allez l’OM, con !

31 janvier

J’ai nettement l’impression de développer une intolérance chronique à l’égard des gens guidés par des dogmes, des adeptes de la pensée binaire sans aucun sens de la nuance, qui oublient ou ignorent la complexité croissante du monde dans lequel nous vivons. J’en arrive au point de mettre fin à des émissions ou à des conversations en quelques minutes. La dérive vers le mépris s’installe en moi et cela m’inquiète tous les jours un peu plus car bien sûr, de ce sentiment, rien de positif ne peut émerger. Ai-je vraiment le temps, maintenant, d’adopter une autre attitude, de considérer l’évolution de la société de manière plus bienveillante ? Je ne sais pas. Et je ne suis pas sûr d’en avoir envie. 

Regardé ce soir la Grande librairie qui faisait un pont entre littérature et beaux-arts. Pas inoubliable mais intéressant.

30 janvier

Mon fils fils vient d’obtenir un bail de location pour un nouvel appartement  de 53 m2 à Paris, dans le 14 ème, dans un quartier qu’il connait bien et qu’il affectionne. 1500 €/mois, c’est inespéré mais il semble que son profil de scientifique, de chercheur, ait plu au propriétaire, ingénieur ayant lui-même brièvement transité par le CEA… Très, très content pour lui.

28 janvier

Sylvain Tesson parrain très contesté du Printemps des poètes. Préférer la nature et la solitude au bruit et la fureur du monde, est-ce être d’extrême droite ? Serais-je moi-même un sympathisant du RN à l’insu de mon plein gré ? Suffit-il de ne pas avoir choisi d’afficher matin et soir des idées anti-système pour être suspecté de fascisme ? Peut-on être poète et con à la fois ? Bien sûr. Et il faut bien admettre que de nombreux artistes ou intellectuels brillants sont, dès qu’ils ou elles sortent de leur domaine de prédilection, de fieffés imbéciles…

26 janvier

Une bonne dizaine d’heures consacrées aujourd’hui à des modifications de structure de ce site. Le but est de mieux séparer les publications concernant les œuvres d’art de ce que j’appelle les « bavardages » et l’ambition reste toujours la même : me faire plaisir, indépendamment d’éventuelles réactions extérieures.

25 janvier

L’actu du jour tourne autour des manifestations d’agriculteurs et met en évidence l’obscurantisme des écologistes qui refusent d’endosser une part (une part seulement) de responsabilité dans les difficultés rencontrées par les paysans. Lobbying sur les normes, refus systématique des OGM y compris lorsque la non dangerosité de certains est prouvée, saccage d’installations, de serres expérimentales, de mega-bassines, etc… Entendre aujourd’hui la tête de liste écolo aux européennes expliquer qu’il faut moins manger de viande pour des raisons climatiques (certes) mais que cela ne signifie pas une perte de revenu pour les éleveurs serait drôle si la situation de beaucoup d’entre eux n’était tragique. Les écologistes ne sont pas les seuls responsables de cette situation, loin de là. Les normes, l’administration, la pression des distributeurs mais aussi et on n’en parle pas assez, le comportement sans discernement des consommateurs ayant les moyens de privilégier la production locale, tout cela contribue au désastre.  Mais expliquer que les seuls coupables seraient les dirigeants français et européens favorisant une politique supposément néolibérale est pathétique. 

Vu aussi un extrait de l’interview d’Hidalgo dans Télé Matin. Elle n’a visiblement toujours pas compris qu’avant d’entrer sur un plateau, il vaut mieux se faire préparer des fiches permettant à minima de faire semblant de savoir de quoi on parle.  

19 janvier

Retour de 5 jours de réunion de (belle) famille dans le Center Parc de Sologne, lieu de location choisi pour son offre de cottages pouvant accueillir des groupes de 12 personnes. Quelques sorties pour marcher, seul. J’ai profité des moments de tranquillité pour relire Les jours enfuis de McInerney. Du sauna, aussi, le soir. Trop mangé, trop bu, trop de bruit (nous étions 10, et ça m’est difficilement supportable). Crevé…

12 janvier

Je n’ai aucune idée des compétences (ou de leur absence) de Rachida Dati en matière de culture. Mais je suis perplexe… S’il s’agit d’un calcul politique pour obtenir une majorité à l’Assemblée Nationale, alors il faut compter les vrais amis de Mme Dati dans les rangs des députés LR. Combien prendront le risque de se faire exclure comme elle du parti en ne respectant pas les consignes de vote du vindicatif Ciotti ? On peut douter de l’efficacité de la prise. S’il s’agit de l’utiliser pour battre Hidalgo aux prochaines municipales, il y a fort à parier que LR présentera un(e) candidat(e) et que le résultat sera contraire à l’effet espéré, facilitant plutôt la réélection de la sortante.

Comme très souvent quand l’objectif n’a pas grand chose à voir avec la fonction elle-même (pratique très courante tous partis et dirigeants confondus), la tactique annonce un joli fiasco. Et je passe, pour incompétence, sur les mises en examens de la dame, mais cela renforce tout de même la perplexité.

Rachida Dati, personnalité politique certes importante, mais pourquoi à la culture, milieu dont les acteurs sont majoritairement de gauche et vont probablement l’accueillir avec des hallebardes plutôt qu’avec des fleurs ? Et Rima Abdul-Malak avait-elle à ce point démérité, elle qui venait d’obtenir une hausse très conséquente du budget de son ministère pour 2024 ?

Perplexe, donc, et je me demande si le mot n’est pas un peu faible…

9 janvier

Le plus jeune présidet de l’histoire française vient de nommer le plus jeune premier ministre. Il me semble que Gabriel Attal est le meilleur choix possible pour Macron. Il s’est révélé très bon dès la crise des gilets jaunes, il semble avoir le charisme qui manquait à ses prédécesseurs et le meilleur profil pour contrer Barcella. À vérifier bien sûr…

8 janvier

Enfin de la neige (et du froid). La première année qu’il aura fallu attendre aussi longtemps pour la voir chez moi.

4 janvier

Cette année commence logiquement comme s’est terminée la précédente. Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient s’intensifient, et une partie de la classe politique française continuent de m’inspirer plus d’écœurement qu’autre chose. Portrait de la députée LFI Ersilia Soulais, misérable inspiratrice des soutiens du Hamas, ce « groupe de résistance »…  Le plus préoccupant, ce n’est pas qu’elle soit députée. Ça ne devrait pas durer. Mais que cette femme de 35 ans soit professeure certifiée de français en collège signifie qu’après cette navrante parenthèse parlementaire, des élèves vont être confrontés à sa vacuité pendant une bonne vingtaine d’années.

2 janvier

« L’affaire » Depardieu bat son plein. Un géant du cinéma français, et un type détestable, un porc. Ça ne date pas d’aujourd’hui. Même en parlant nourriture il a toujours été vulgaire. Avec les femmes, il y a des plaintes, et les témoignages sont tellement nombreux qu’il est difficile de douter. On voit donc arriver au galop les adeptes du wokisme, de la cancel culture qui voudraient rayer la carrière cinématographique d’un trait de plume. Ce serait idiot, criminel, même. Certains films sont des chefs-d’œuvre, indépendamment des turpitudes de l’homme Depardieu, et sont à conserver, à diffuser, à aimer. En revanche, si j’étais réalisateur, ou producteur, je le laisserai définitivement au chômage.     

EN VRAC...

◻️ La faconde est presque toujours vulgaire.   
Le silence, la retenue, la réserve, la suggestion m’impressionnent toujours et je regrette souvent de n’en être pas toujours capable.

◻️ Ce mot de Pablo Neruda : « il est si bref l’amour, et l’oubli est si long. »

◻️ « Aimer n’est ni un choix, ni une obligation même si, s’agissant de sa mère, de son père, aimer peut devenir un devoir, au nom d’une certaine morale. Et quand leur profil est celui de personnes d’une générosité sans limite, éminemment aimables, les questions qui se posent autour ce qui ressemble à du désamour deviennent très vite cruelles. Comment, en effet, ne pas s’interroger sur sa propre responsabilité, sur ses manquements en termes de reconnaissance, de gratitude, d’humilité, peut-être même de courage ou pire encore, de bonne foi ?    
…/… Septembre 1960, rentrée scolaire à Prévenchères, petit village lozérien qui avait le mérite d’avoir une école de deux classes, et permettait ce que l’Éducation Nationale appelait un poste double, pour Monsieur et Madame.  
Petite construction sans âme située en haut du village, cette école comprenait les deux salles de classe communicantes au rez-de-chaussée et l’appartement de fonction des enseignants à l’étage. À l’extérieur, un espace clôturé autour de la maison faisait office de cour de récréation. Martin n’a conservé aucun souvenir de l’appartement, de sa disposition, de la couleur des murs, rien…  
Les salles de cours sont en revanche bien présentes dans sa mémoire. Couleurs claires délavées, meublées de tables de travail de deux places, au plateau incliné vers les sièges, plateau refermant un espace de rangement. Sur le bord supérieur de chaque table, deux trous ronds accueillaient des encriers. Cette époque précédait l’arrivée des stylos-billes et autres feutres. Les petits écoliers travaillaient les pleins et les déliés au moyen d’un porte-plume, constitué d’un petit manche de bois au bout duquel était fixée une plume d’un métal plus ou moins souple. Un instrument d’écriture à vocation plutôt artistique, donc, permettant de produire de belles lettres, des pleins et des déliés. Tout sauf une arme…   
En ce début d’année scolaire, Martin, qui avait fait son entrée au CE1, était dans la classe de sa mère qui prenait en charge les enfants de la maternelle, du CP et, donc, du CE1. Son père officiait dans la pièce d’à côté avec les élèves du CE2, CM1, CM2 et la préparation au certificat d’études. Un des premiers matins d’automne, c’est un exercice de dictée qui occupait la classe de CE1. Les deux ou trois premières semaines de cette année scolaire avaient suffi à désigner Martin comme étant, et de loin, le meilleur élève de la classe. Cette dictée ne pouvait que le confirmer.  
Sa mère, tout en énonçant le texte lentement, s’efforçant à une diction la plus claire possible, exagérant comme à son habitude les pauses et ponctuations, circulait entre les tables. Elle s’arrêta près de celle de son fils, sur le côté gauche, et lui demandât sur un ton chargé de reproches de se relire immédiatement. À l’évidence Martin avait fait une faute, mais ne la vit pas tout de suite. Devant son manque de réaction, la maîtresse posa sa main gauche sur le cahier en désignant la faute de son index. De la main droite, elle saisit quelques cheveux de son élève, puisqu’il faut bien l’appeler ainsi, les cheveux au-dessus de l’oreille, près de la tempe, et tira tout en exerçant une rotation provoquant une douleur très vive. Martin se souvient avoir pensé ensuite qu’elle n’aurait jamais fait une chose pareille à un autre élève de la classe, et en avoir conçu un terrible sentiment d’injustice.
Son porte-plume était posé à côté de son cahier, sur sa droite. Il s’en saisit, non pas comme on le tient pour écrire, avec le pouce, l’index et le majeur, mais pris le manche à pleine main et plantât, de toutes ses forces, la plume sur le dos de la main de la maîtresse posée à plat sur le cahier. Le souvenir de sa maman poussant un cri de douleur est aujourd’hui encore intact. La vision de son père entrant précipitamment dans la classe, aussi. Lorsque celui-ci eut compris ce qu’il s’était passé, c’est manu-militari que Martin fut traîné jusque dans la pièce d’à côté pour y recevoir une très mémorable correction. Quatre, cinq, six gifles peut-être, à la volée, devant les élèves de cette classe, les grands de l’école.      
La première humiliation de sa vie. Et cette image effrayante, celle du regard de son père, dégoulinant de colère, perçu et mémorisé comme méchant…/… Le lendemain matin, il reprit le cours de sa scolarité dans la classe de son père, en CE2 donc, prenant ainsi une année d’avance sur ses petits camarades, avance qu’il conservera jusqu’au lycée, pour la perdre piteusement en terminale.    
Avec deux ou trois autres un peu similaires en l’espace d’une décennie, cette séquence s’avèrera décisive dans la construction de la relation entre Martin et ses parents. »      
* Extrait d’une tentative avortée d’autobiographie. Martin ou Marc, peut importe. Ses parents ont pourtant été, toute leur vie, la bonté personnifiée. Mais c’est ainsi…