Il y a quelques années, on percevait la tech comme une bienfaitrice universelle, on la croyait éprise de liberté, évidemment démocrate, et il ne s’agit pas ici de nier certains des progrès qu’elle a permis, qui sont bien réels et même spectaculaires, par exemple dans le domaine de la santé.
Mais aujourd’hui, poussée par Elon Musk, Mark Zuckerberg, Jeff Bezos et quelques autres, la Tech se prosterne devant Trump.
L’utopie heureuse d’internet a désormais facilité l’expansion de la désinformation en nous empêchant de distinguer le vrai du faux, elle a confisqué les droits d’auteur, encouragé le développement des cyber attaques au moins autant que celui de la cyber sécurité.
La tech, avec l’IA, va détruire beaucoup d’emplois peu qualifiés et en créer quelques-uns d’un haut niveau de qualification.
Et voilà qu’aujourd’hui, les grands acteurs qui ont frénétiquement développé ce secteur d’activité se disent effrayés par la progression de l’autonomie de la technologie et nous préviennent que des dangers potentiels menacent l’humanité tout entière.
Il faut bien admettre qu’avant de (peut-être) nous exterminer, la tech permet, entre autres avancées considérables, d’inquiétants progrès des guerres hybrides menées par divers autocrates et dans la manipulation des élections dans les pays démocratiques. Elle soutient activement la montée de l’extrême droite partout en Europe, rejoignant de manière incompréhensible la vision du monde de Poutine.
À l’heure actuelle, la balance avantages-inconvénients penche dangereusement du mauvais côté et les locomotives de la tech étant américaines et chinoises, nous ne disposons d’aucun frein, d’aucun moyen de pression ou de défense autre que le développement d’outils concurrents européens.
La course en avant semblant inarrêtable, la recherche de solutions de protection est indispensable, et urgente.
Car oui, la tech est bien devenue illibérale.
Ainsi va le monde.
MT
